Les trucs pour réussir la mayonnaise (1/10) : sortir les œufs du frigo un peu avant.

La conduite du changement est une affaire de temps de conviction et d’énergie, il faut prendre un certain nombre de précautions pour y parvenir. Il faut en particulier investir en amont du lancement du changement pour définir un cadre :

Quelle est la situation visée(Définir), quelle est la situation actuelle (Mesurer), quels sont les objectifs (Améliorer), quelles sont les solutions possibles (Innover), quels acteurs clés faudra-t-il convaincre (Contrôler), comment pourra-t-on étendre les solutions retenues (Standardiser) ?

Ce temps nécessaire de préparation est le temps de l’avant-projet, il est celui du rêve, de la confidence et de l’anticipation…

Le rôle de ce temps préalable n’est pas de définir les solutions finales, mais de construire deux convictions : il est utile et il est possible de changer… Qu’est-ce qui nous pousse à changer, quelles sont les pulsions que nous pouvons identifier ? Il y en a deux : la peur et le désir. Eros pulsion de vie Thanatos pulsion de mort : le mouvement nécessaire au changement a deux natures : la fuite et la chasse. Accompagner le changement va consister à jouer sur ces deux pulsions, et plus précisément à convertir la fuite en chasse…

Les pièges de cette phase initiale sont nombreux et sont tous issus d’un oubli impardonnable : le cadrage a pour seul objectif la mise en mouvement, il ne s’agit pas d’atteindre la cible mais de se mettre en route, tous ensemble…

Conduire le changement n’est pas tout à fait conduire un projet, il y a un aspect collectif qui change tout, et qui est la contrainte majeure de l’exercice. Un projet consiste à trouver une route pour atteindre une cible, le changement c’est trouver une route, que tout le monde pourra suivre pour atteindre la cible, et nous sommes tous différents… Il faudra donc gérer l’avant-garde le peloton et les retardataires pour permettre à l’ensemble d’arriver à bon port, y compris ceux qui feront des détours…

Car il y a une troisième réponse possible à l’impulsion du changement ; nous avons évoqué la fuite et la chasse il y a aussi la paralysie (celle du lapin devant les phares de la voiture) ce sont les trois réponses du cortex cérébral. Le changement c’est un mouvement généré par une contrainte, le stress fait partie des conséquences du lancement, et il est crucial de tenir compte a priori de ce stress, faute de quoi il ne reste plus qu’à retomber dans la gestion de la courbe du deuil…

Si l’entreprise était adaptable elle prendrait le temps de préparer son changement sans précipiter le mouvement.

Etienne BARBIER

À propos de Etienne BARBIER

Ingénieur ENSTA, j'ai commencé ma carrière chez DCN à Brest puis Pechiney. En 2003 je suis Directeur du Développement de Bretagne Ateliers, avant de m'orienter vers le conseil. Je dirige des projets chez Proconseil entre 2008 et 2012, Je fonde le projet "Les Interfaces" en 2012
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