Les filières « déchet » : repousser les frontières de la responsabilité

La prise en compte de nouveaux enjeux de compétitivité nous amène à définir de nouveaux périmètres…

Mondialisation, et globalisation induisent une prise de conscience inattendue de la finitude des ressources… On voit apparaître de nouveaux indicateurs de gestion comme le coût complet du produit « from cradle to grave » (ie du berceau à la tombe / y compris le coût de destruction), le bilan carbone global, qui tendent à mesurer l’impact global des activités d’une entreprise. Par ailleurs, la lutte pour le contrôle des terres rares, mais aussi la spéculation sur les matières premières, ou le fameux point haut de production du pétrole témoignent de nouveaux schémas de pensées.

Parmi les effets de ces nouveaux paradigmes, le suivi et le management des déchets offrent des perspectives intéressantes, et ce à plusieurs niveaux.

Le premier niveau est la conformité par rapport aux différentes normes environnementales, et se résume simplement à la peur du gendarme.

Le second niveau est celui de l’intérêt bien compris, dans la mesure où la valorisation des déchets peut démontrer un intérêt économique, les co-produits des processus chimiques, la méthanisation de la biomasse, le recyclage des conditionnements, en sont des exemples éventuellement accentués par des dispositifs fiscaux… Des acteurs économiques innovants investissent ces territoires,

Il existe un troisième niveau qui est celui du sens, et de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Au delà de la peur du gendarme, au delà de la bonne gestion, le management des déchets peut devenir un levier de mobilisation du personnel.

Le quatrième niveau est celui de la prise en compte d’une filière. En construisant une boucle de recyclage ou de valorisation des déchets, les entreprises identifient un nouveau périmètre de collaboration, correspondant à un cycle complet : de la matière première à un déchet devenu une nouvelle matière première. Ce périmètre « englobant » est un périmètre de compétitivité réelle.

Etienne BARBIER

À propos de Etienne BARBIER

Ingénieur ENSTA, j'ai commencé ma carrière chez DCN à Brest puis Pechiney. En 2003 je suis Directeur du Développement de Bretagne Ateliers, avant de m'orienter vers le conseil. Je dirige des projets chez Proconseil entre 2008 et 2012, Je fonde le projet "Les Interfaces" en 2012
Ce contenu a été publié dans Compétitivité, Développement durable, Engagement, Management, Organisation, Performance, avec comme mot(s)-clef(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire