Les astuces pour réussir la mayonnaise (3/10) : disposer des bons produits

La conduite du changement comporte trois ingrédients principaux : une vision stratégique, un système managérial, une logistique de déploiement. A la différence de la mayonnaise, l’ordre d’apparition des trois ingrédients importe peu, mais comme la mayonnaise, l’absence de l’un d’entre eux est irrémédiable.

La vision stratégique, pour évoquer l’adage « Il n’y a pas de vent favorable pour celui qui ne connait pas le port », c’est la référence avec laquelle les équipes vont orienter l’action. Elle comporte plusieurs aspects : une synthèse de la situation réelle de l’entreprise et de ces marchés, matrices SWOT (forces faiblesses risques opportunités), une description concrète (dimensionnée) de la cible, ou des orientations stratégiques, quelques propositions de projets clés permettant de rendre tangible la cible « rêvée »…

Au-delà de ces éléments matériels, il faut également compter avec un certain déploiement de cette vision, séminaires de déploiement, exercices de reformulation stratégique, premiers déploiement opérationnels, esquisse de déploiement d’objectifs… Mais imaginer la vision comme étant immuable est un leurre, la vision stratégique suppose aussi une instance d’actualisation en charge de ses ajustements réguliers.

Le système de management est le bras au service de la vision, il comprend l’organisation des hommes, les valeurs communes, les outils de pilotage (indicateurs, rituels de gestion), la cartographie, la description et les outils des principaux processus de valeur, mais aussi des processus de soutien… sans oublier la gestion des compétences.

Comme Monsieur Jourdain et la prose, chaque entreprise dispose d’un système de management, y compris celles qui ne savent pas du tout ce que cela peut être, ou pour lesquelles les processus sont, je cite : « le machin de la qualité –soupir et clin d’œil »… (cf mon précédent article la qualité est-elle morte ?). Le système de management c’est l’organisation (des savoir-faire) mise en œuvre pour permettre à l’entreprise de satisfaire les besoins des clients…

La tactique, la logistique de déploiement, est le troisième ingrédient de la recette (c’est l’huile de la mayonnaise…). J’en parlerai plus en détail dans un prochain article, posons pour l’instant l’idée que cette logistique comprend plusieurs aspects : Un volet ressources et moyens dédiés, un volet plan de communication, un volet pilotage et management spécifique

Pour les amateurs de mathématiques, la logistique de déploiement est le vecteur de la conduite du changement. Le principe est d’impulser, de coordonner et de synchroniser les différents acteurs et de compenser les aléas qui se présenteront. C’est l’outil qui sert à donner et à entretenir le sens de l’action, c’est à la logistique du déploiement de gérer la dynamique des acteurs.

Si l’entreprise était adaptable, elle managerait son changement en faisant grandir tous ensemble sa vision, son organisation, et son innovation.

Etienne BARBIER

À propos de Etienne BARBIER

Ingénieur ENSTA, j'ai commencé ma carrière chez DCN à Brest puis Pechiney. En 2003 je suis Directeur du Développement de Bretagne Ateliers, avant de m'orienter vers le conseil. Je dirige des projets chez Proconseil entre 2008 et 2012, Je fonde le projet "Les Interfaces" en 2012
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