Conduire le changement, c’est maintenant !

Le changement est à la pointe de l’actualité politique, mais cela fait déjà un moment qu’il est une réalité des entreprises. L’accélération du temps, la réduction des distances, la disparition des frontières sont les fruits de la globalisation des enjeux économiques, sociétaux et sociaux. Les différentes crises qui se succèdent ou plutôt la crise en forme d’hydre que nous affrontons appelle une réponse globale, c’est à dire un arsenal d’actions convergentes. Les managers, les grands patrons (au sens noble du terme) ont acquis l’expérience de la difficulté de cet exercice : la conduite du changement

Les interfaces, c’est à dire les frontières transformées en espaces d’échange sont le champ de bataille du changement. Il faut y déployer trois éléments clefs : une vision partagée et un accord sur des valeurs, une méthode de travail ou une culture de management, un système de mesure étalonnant les progrès. Toute la complexité de la situation actuelle vient d’une prise en compte d’une nouvelle réalité : la finitude du monde. C’est la théorie des dominos : accentuation dramatique de l’effet papillon ; nous sommes devenus inter-dépendants, co-responsables, Ponce Pilate ne peut plus se laver les mains… sans salir sa toge.

De grandes voix s’élèvent pour appeler une réponse à la hauteur de ces enjeux, Michel Camdessus lui-même, naguère apôtre de la libéralisation financière, constate l’impasse dans laquelle nous sommes engagés, et citant Michel Serres, il reconnait la nécessité de « muter au plus vite et sous risque gravissime, de la volonté de puissance au partage, de la guerre à la paix, de la haine à l’amour », pour fonder une nouvelle économie dont l’avidité serait bannie…

Le philosophe inspire le politique, quel est le rôle de l’entrepreneur dans cette bataille ? Chacun admet que le temps manque, attendre des gouvernements et des institutions qu’elles résolvent les problèmes globaux pour engager les actions locales serait fatal. Il faut donc agir maintenant pour construire les entreprises qui sauront s’adapter aux conditions économiques, sociales et sociétales transformées par la crise… Frugales, équitables et solidaires, les entreprises adaptables seront les championnes de la nouvelle économie.

Etienne BARBIER

À propos de Etienne BARBIER

Ingénieur ENSTA, j'ai commencé ma carrière chez DCN à Brest puis Pechiney. En 2003 je suis Directeur du Développement de Bretagne Ateliers, avant de m'orienter vers le conseil. Je dirige des projets chez Proconseil entre 2008 et 2012, Je fonde le projet "Les Interfaces" en 2012
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