Compétitivité industrielle et Fédéralisme : réformer le logiciel français…

Et si tout était plus simple : le déséquilibre des comptes de l’état trouve sa source dans le solde du commerce extérieur d’une part, et l’absence de mécanisme de répartition de la richesse entre les régions d’Europe d’autre part.

A l’échelle de la France nul ne se choque de voir des flux financiers entre les régions pour justifier leur activité : management et R&D autour de Paris et de Lyon, production dans l’Est et le Nord, vacances à l’ouest, retraite dans le sud… Ces mécanismes existent aux Etats Unis et nul ne s’en alarme, il va donc falloir les organiser à l’échelle Européenne. Cela suppose une large dose de fédéralisme gage de la solidarité entre les régions d’Europe.

Sans Fédéralisme, il n’y a pas d’autre Europe que celle de la concurrence entre les régions, porte ouverte au dumping social et environnemental.

Mais la France ne peut pas se contenter de devenir la grande zone touristique de l’Europe, son emplacement au cœur des axes de communication, la richesse de son capital humain en terme de formation managériale et technique, la densité de ses voies de communication, le faible coût de son énergie et la remarquable productivité de ses travailleurs la destine à être une des principales régions industrielles en Europe.

Ces avantages sont décisifs dans un certain nombre d’industries (aéronautique, ferroviaire, luxe), mais ce succès ne se généralise pas à l’ensemble des filières industrielles. La France est le territoire où il y a le plus de champions mondiaux, mais où le tissu industriel s’affaiblit le plus vite… Les filières qui réussissent sont celles où la France a réussi à monter en gamme, c’est-à-dire à offrir un tel avantage compétitif que le différentiel prix est accepté par ses clients.

Pour l’industrie de masse, la France est généralement positionné sur des produits cœur de gamme pour lesquels le principal critère d’achat est le prix. Et là, son principal désavantage est celui du coût de revient du travail horaire, et ce n’est pas un problème de revenu restant au salarié, c’est un problème de fiscalité qui se focalise sur le travail en se détournant largement de toutes les autres formes de revenus.

Un choc de compétitivité, maladroitement envisagé avec la TVA dite sociale, est nécessaire, souhaitable, et efficace pour résoudre le problème de compétitivité de nos entreprises et ainsi améliorer leurs exportations. Le transfert des charges du travail vers CSG CRDS est une solution parmi d’autres.

L’Allemagne a d’ailleurs ouvert ces perspectives, nous ne pouvons plus reculer devant ses deux défis, qui sont la continuation naturelle de la construction Européenne. Mais ils demandent de proposer un débat crucial à l’opinion publique : redonner sa place à l’industrie, et accélérer l’intégration Européenne ces propositions ne sont pas les schémas de pensée les plus communs.

Etienne BARBIER

À propos de Etienne BARBIER

Ingénieur ENSTA, j'ai commencé ma carrière chez DCN à Brest puis Pechiney. En 2003 je suis Directeur du Développement de Bretagne Ateliers, avant de m'orienter vers le conseil. Je dirige des projets chez Proconseil entre 2008 et 2012, Je fonde le projet "Les Interfaces" en 2012
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